C’est une nouvelle victoire pour les victimes du Distilbène, cette hormone de synthèse nocive prescrite à 160 000 femmes dans les années 1950 à 1970. Le petit-fils d’une femme ayant pris ce médicament du laboratoire UCB Pharma, a obtenu jeudi de la Cour d’appel de Versailles la reconnaissance d’un lien entre ce médicament et son handicap. La justice a ordonné à la firme pharmaceutique de verser 1,7 million d’euros de dommages et intérêts à la famille de Louis, aujourd’hui àgé de 21 ans, handicapé à 80%. Cette première judiciaire revient donc à reconnaître l’existence de victimes du Distilbène chez la troisième génération. » La cour a considéré que l’exposition au Distilbène de la mère est responsable de l’accouchement très prématuré, qui lui-même explique de façon directe le handicap majeur dont souffre Louis « , a déclaré son avocate, Me Martine Verdier. La grand-mère du jeune homme a pris du Distilbène en 1958. Le médicament » a provoqué une malformation utérine chez sa fille qui, enceinte à son tour en 1989, a accouché d’un grand prématuré « .Nombreux mauxLe Distilbène est le nom commercial d’une hormone de synthèse prescrite par les médecins pour éviter des fausses couches aux femmes mais qui a en fait eu de dramatiques conséquences sur leurs enfants. Les » filles DES » (nom international du Distilbène) souffrent en effet de nombreux maux : difficulté à tomber enceinte, problème de fertilité, grossesses à risque, fausses-couches fréquentes et aussi cancer du sein, du vagin et de l’utérus. Gràce à une étude menée par l’équipe du professeur Charles Sultan, pédiatre-endocrinologue au CHU de Montpellier, on sait depuis quelques mois que les problèmes liés au Distilbène touchent aussi la troisième génération. Les petits-enfants des femmes traitées avec du Distilbène sont 40 à 50 fois plus exposés au risque de l’hypospadias, une malformation congénitale de l’urètre.
9 juin 2011



Posté dans